Sur une île au bord de la mangrove, un groupe de filles grandit au rythme du climat, des oies sauvages et des rivalités qui s’installent doucement. La saison pourpre observe la puberté comme un changement de saison. C'est délicat et l’animation en écran d’épingles est hypnotique !

Pendant que des limaces se promènent sur le carrelage dans Ce qui bouge est vivant, la réalisatrice Noémie Marsily se confie sur les trajectoires imprévisibles de la vie. Dans le court suivant, Georges Schwizgebel plonge dans deux tableaux traitant du même sujet à cinquante ans d’écart, D’une peinture... à l’autre.

Dans Carne de Dios, un prêtre espagnol tombe malade au beau milieu d’une expédition chargée d’évangéliser les populations locales du Mexique. Le représentant officiel de la vraie foi se retrouve soudain à dépendre de rituels qu’il aurait sans doute condamnés avec fermeté la veille. C’est sombre, charnel, halluciné, et le titre annonce bien la couleur : ici, le spirituel passe d’abord par le corps.

Il y a des lapins dans Love Me True. D'ailleurs Laurence aurait bien fait de poser un lapin à l'homme toxique qu'elle a découvert sur un site de rencontres conseillé par son amie ! Heureusement, une femme la venge dans Tongue car elle libère la langue un peu trop bien pendue de son rendez-vous galant.

Alice a 27 ans, vit encore chez ses parents et passe un peu trop de temps à fuir sa vie d’adulte dans ses fantasmes. Après une soirée plus agitée que prévu, un accident de vélo la ramène assez brutalement sur terre. Le film parle de ce moment un peu flou où l’on n’est plus vraiment jeune, pas encore vraiment installé, et où l’on commence à comprendre que rêver sa vie ne suffira peut-être pas à la vivre.

Il pleut à l’enterrement du mari d’Eeva, tout le monde pleure, boit trop, et un pics-vert vient semer la pagaille. C'est un peu surréaliste et déconnecté, le deuil n'a pas encore vraiment commencé.