Anim'Annecy

Blog personnel consacré au Festival International du Film d'Animation d'Annecy depuis 1999

Les Enfants de la Mer

On parle souvent de l'homogénéisation du cinéma à grand spectacle Hollywoodien et ses longs métrages clonés entre eux, Disney/Marvel en tête. Un phénomène similaire est en cours avec l'animation Japonaise. La production est prolifique. On s'en rend peu compte car seul un film sur vingt arrive en France, mais cela n'est peut-être pas très grave : la plupart ne sortent pas du carcan stéréotypé de l'anime. Bien entendu, cela permet aussi l'émergence de perles rares comme Mirai, ma petite soeur ou Lou et l'île aux sirènes. Et dans le cas présent, Les Enfants de la mer.

Le film résume le manga du même nom en cinq tomes et doit donc sacrifier certains personnages et intrigues secondaires que l'on voit ici esquissés et ellipsés. La jeune Ruka rencontre Umi (qui signifie, retenez votre souffle, Mer) à l'aquarium où travaille son père. Le jeune garçon est extraordinairement à l'aise dans l'eau et semble pouvoir communiquer avec la faune marine. Commençant comme une histoire adolescente classique, le récit devient initiatique, surnaturel, mystique !

-- Cèbe

CMC4 - Toomas Beneath the Valley of the Wild Wolves

Encore une belle sélection ! Dans la catégorie des courts métrages absurdes, Toomas Beneath the Valley of the Wild Wolves est mon préféré cette année, devant La Chute (Deszcz) et celui au titre imprononçable dans CMC5. Une histoire loufoque avec des loups (mais sans phoques) sur un ingénieur sexy qui perd son travail et devient une star du porno. Tout est déjà dit, non ? Et bien pas tout à fait : son épouse n'est pas en reste... Une autre belle surprise en musique avec La Chanson de l'éléphant qui raconte l'histoire vraie de la première éléphante de cirque aux USA. 

-- Cèbe

CMC2 - Mémorable

Mémorable anime de manière particulièrement sensible la maladie d'Alzheimer à travers les yeux d'une de ses victimes. Louis, peintre retraité, perd progressivement ses repères et sa mémoire avec des sursauts de lucidité de plus en plus rares. C'est un court splendide dans son fond et dans sa forme, et mon favori avec Girl in the Hallway. Du grand art !

-- Cèbe

J'ai perdu mon corps

Deuxième long métrage français de la sélection avec Les Hirondelles de Kaboul, également présenté et primé à Cannes, J'ai perdu mon corps fait un peu figure de film superstar. Déjà remarqué pour ses courts décalés au sens propre comme au sens figuré avec Une histoire vertébrale et Skhizein, Jérémy Clapin a fait le buzz avec cette histoire de main coupée qui cherche à retrouver son hôte. Le film évolue donc en dichotomie entre cette main qui aurait pu figurer dans la famille Adams et le jeune Naoufel, orphelin d'une famille aisée désormais livreur de pizza et encore possesseur de tous ses membres.

La mise en scène est remarquable, certains passages sont d'une originalité et d'une virtuosité rares (le parapluie !) et pourtant, la fin m'a un peu laissé sur ma faim. Je pense avoir compris la symbolique du film, mais il me manque un petit quelque chose pour pleinement l'apprécier. Cela dit, si la standing ovation à la fin de la séance peut donner une indication, il y a là un grand prix en puissance !

-- Cèbe

CMC1 - Têtard

Dans les points forts de cette sélection, Bridge ne se déroule pas au Japon médiéval comme je le pensais mais en Chine. Je ne pourrais donc pas dire qu'il s'agit d'un film de samuraï zombies, ce qui m'aurait pourtant beaucoup plu. En tout cas l'ambiance est très bien rendue, glauque à souhait comme l'animation en marionnettes sait le faire.

Le point culminant est néanmoins  Têtard, film qui aurait sans doute beaucoup plu à Lovecraft. Commençant comme une histoire banale de rivalité entre frère et soeur, l'étrange s'invite assez vite avec ce marais interdit à deux pas de la maison qui se trouve elle-même dans un quartier abandonné. L' atmosphère est lourde, déliquescente. Une réussite !

-- Cèbe

Les Hirondelles de Kaboul

C'est le grand écart de la journée. Le seul point commun entre mon précédent visionnage et celui-ci, c'est que Les Hirondelles de Kaboul est lui aussi adapté d'un roman. Sauf qu'il prend place en Afghanistan en 1998, en pleine occupation par les talibans, autant dire qu'il ne va pas y avoir beaucoup de chansons... Le propos est évidemment très dur et malheureusement toujours d'une actualité brûlante mais il est adouci par un rendu proche de l'aquarelle. Un grand film d'animation assurément, un grand film tout court.

-- Cèbe

Wonderland, le royaume sans pluie

Sur scène, le réalisateur Keiichi Hara nous explique qu'il revient à un cinéma plus familial avec ce film adapté d'un roman jeunesse. Il est vrai qu'après Un été avec CooColorful et Miss Hokusai s'adressaient plutôt aux adolescents et adultes. La trame est donc hyper classique, proche d'un jeu vidéo comme Ni no Kuni : une jeune fille découvre par hasard un passage vers un autre monde, et elle va bien entendu devoir sauver ce monde d'un péril imminent.

La réalisation est impeccable, et s'il s'agit d'une oeuvre mineure de ce grand réalisateur, elle plaira tout de même forcément aux enfants petits et grands !

-- Cèbe

Le Voyage du Prince

Vingt ans après Le Château des Singes, cette suite indirecte amène le roi du susdit château en terre inconnue. Il fait la rencontre du jeune Tom qui va lui faire découvrir une civilisation type début de XXe siècle. Celle-ci est sur le déclin : la jungle envahit peu à peu la ville-état et l'académie se préoccupe plus de maintenir son assise grâce à la peur.

Le film est donc un écho du premier, jusque dans le nom du jeune protagoniste (Tom versus Kom) et dans la trame (les singes d'ici, les singes d'ailleurs). Il y a des incohérences narratives mais l'on sent que le propos est ailleurs, que l'objectif est de faire du dessin animé un conte philosophique pour les plus jeunes, pas pour les grands enfants que nous sommes... Pour ceux-là je conseillerais plutôt le précédent opus de Maître Laguionie, Louise en Hiver.   

L'animation, la musique, les décors sont en tout cas à un excellent niveau et on passe un bon moment en compagnie de ces singes qui nous ressemblent tellement.

-- Cèbe

CMC5 - Je sors acheter des cigarettes

Voici une sélection moins marquante que la précédente; deux charmants courts métrages russes : Lola, la patate vivante et À cinq minutes de la mer, deux courts complètement absurdes : Briljantsuse Demonstratsioon Neljas Vaatuses (le titre donne déjà une indication) et Selfies où l'on apprend que le ridicule ne tue (presque) pas. Le clou du spectacle est sans conteste Je sors acheter des cigarettes. Un jeune garçon voit son père parti partout, dans les placards, la machine à laver... tandis que sa mère démissionnaire se noie dans le travail pour oublier le morne quotidien. Alternant poésie urbaine et mauvais goût adolescent, ce court métrage ne vous laissera sûrement pas indifférent.

-- Cèbe

CMC3 - Girl in the Hallway

Attention : présence de poids lourds dans la sélection avec Franck Dion et Régina Pessoa aux commandes : le premier avec Per Aspera Ad Astra, bien inspiré d'une chanson de Kent intitulée Les vrais gens. Le court raconte le quotidien d'une poule qui court toute la journée pour remplir ses obligations professionnelles et familiales. Elle n'a pas encore songé à mettre un gilet... Sympathique mais pas révolutionnaire ;-)

La seconde avec Tio Tomás - A contabilidade dos dias qui reprend le style caractéristique de la réalisatrice (voir Histoire tragique avec fin heureuse et l'affiche d'Annecy 2015) au service de l'histoire vraisemblablement autobiographique de son oncle un peu marginal, mais si humain. Une bonne surprise.

La palme du métrage coup de poing revient sans conteste à Girl in the Hallway, inspiré d'une histoire sordide mais malheureusement vraie où le petit chaperon rouge ne parvient pas à sortir de la forêt. L'animation comme la narration sont bruts d'émotion, on se laisse porter jusqu'au dénouement sans concession avec une boule dans la gorge.

-- Cèbe

Modest Heroes

Le studio Ponoc est constitué de nombreux transfuges du légendaire studio Ghibli. Présenté par son fondateur,  Modest Heroes a pour thème les héros du quotidien à travers des histoires métaphoriques ou réalistes. Ainsi, Kanini & Kanino expose les dangers auxquels sont confrontés deux enfants crabes (?!) séparés de leurs parents dans le vaste monde aquatique d'une rivière. Life Ain't Gonna Lose suit un jeune garçon très allergique aux oeufs, ce qui complique grandement sa vie et celle de sa mère au quotidien. Invisible explore le thème d'un homme invisible (oui, oui, réellement invisible) et léger comme une plume, ce qui pose de légers problèmes dans la vie de tous les jours.

Kanini & Kanino est très joli graphiquement mais souffre d'une histoire vraiment trop simple; on sent l'influence de Arrietty du même réalisateur, Hiromasa Yonebayashi. Il a depuis réalisé Souvenirs de Marnie chez Ghibli puis Mary et la fleur de la sorcière au studio Ponoc. Invisible est beaucoup plus ancré dans la vie de tous les jours, l'idée étant de rendre physique l'invisibilité dans la société. Mais mon préféré est de loin Life Ain't Gonna Lose qui ne fait appel à aucun procédé fantastique, avec une histoire simple mais menée tambours battants. Le style un peu pastel, livre pour enfants n'aurait probablement pas déplu à Isao Takahata. Yoshiyuki Momose a d'ailleurs travaillé sur Mes Voisins les Yamada et cela transparait à l'écran.

-- Cèbe

Ride your Wave

De Maasaki YUASA, récompensé en 2017 pour Lou et l'Île aux sirènes. Le thème reste marin et quelques références émaillent d'ailleurs ce nouveau film. Hinako est douée pour le surf mais pas pour grand chose d'autre. Minato est pompier volontaire à qui tout semble réussir. Hinako et Minato se rencontrent, tombent amoureux, mais est-ce vraiment un hasard ? Lorsque Minato disparaît soudainement, Hinako commence à avoir des hallucinations. Ou bien son fiancé serait-il devenu un esprit de l'eau ? 

Bien qu'émaillé de nombreux éléments comiques et de clichés d'anime vus et revus, le film est forcément dans une tonalité plus grave car il traite du deuil et de la reconstruction. La réalisation est elle aussi bien plus sage : pas d'exubérance graphique, pas d'animation à la Tex Avery en vue. Je suis donc un peu resté sur ma faim, mais j'avais sans doute trop d'attente.

Les oeuvres  de Maasaki YUASA sont toujours surprenantes, jamais conventionnelles. Ne pouvant être présent cette année, le réalisateur a confirmé dans une vidéo qu'il prépare d'ores et déjà son prochain film. Peut-être pour l'année prochaine à Annecy ?

-- Cèbe

Hommage à l'animation japonaise : Nouvelle vague

Cette collection de 12 courts métrages entend donc faire le tour de la nouvelle animation japonaise expérimentale. Pour le côté expérimental, nous sommes gâtés. Ce n'était pas facile à suivre. J'ai choisi ce programme grâce à la photo d'accroche de Ladybirds Requiem qui était comme par hasard le point culminant de la sélection. La réalisatrice nous explique qu'il s'agit de la nostalgie d'un cauchemar d'enfance. Ceci explique sans doute cela... L'esthétique est très réussie en tout cas !

-- Cèbe

20 ans plus tard

1999. L'année où la Lune quitte son orbite... Ah non, je mélange. En 1999 donc, la science fiction n'a pas encore envahi notre vie quotidienne, Siri n'arrivera que 13 ans plus tard... je m'égare à nouveau. Bref, 1999 c'est mon 1er festival, je suis encore à l'école et le pays invité est le Japon.

2019. J'attends toujours Skynet, mais je pense qu'il ne devrait plus tarder grâce à Google. Non Google, tais-toi, je ne t'ai rien demandé ! C'est mon 21ème festival, et le pays invité est le Japon. Que de chemin parcouru !

D'ores et déjà deux films Japonais retiennent mon attention. Maasaki YUASA est de retour après avoir remporté le cristal du long métrage en 2017 avec Lou et l'Île aux sirènes. Le thème reste marin cette année dans Ride your Wave. Keiichi HARA, également primé à Annecy pour Colorful et Miss Hokusai, nous présente quant à lui Birthday Wonderland. Les deux longs métrages sont en compétition, cela va faire des étincelles !

Egalement en compétition, The Relative Worlds du relativement peu connu Yuhei SAKURAGI devra essayer de se faire une place au soleil, au côté de J'ai perdu mon corps de Jérémy CLAPIN qui reprend un de ses thèmes favoris en long métrage. Un dernier film retient mon attention, Les Hirondelles de Kaboul de Zabou BREITMAN et Éléa GOBBÉ-MEVELLEC.

En contrechamps (hors compétition), Les enfants de la mer de Ayumu WATANABE est adapté d'un manga que je ne connais pas mais qui pourrait sans doute me plaire. Je compte donc bien visionner ce film.

Oh et il y a aussi Modest Heroes, composé de trois courts métrages: Kanini & Kanino de Hiromasa Yonebayashi (connu pour Arrietty, Marnie, Mary) - Life Ain't Gonna Lose de Yoshiyuki Momose - Invisible de Akihiko Yamashita. Ces réalisateurs viennent tous de l'écurie Ghibli, rien de moins.

Last but not least, Human Lost est programmé pour vendredi soir, on peut donc s'attendre à un film assez sombre...

Un beau programme en perspective !

-- Cèbe

Mirai, Funan, Okko et les fantômes

Je n'ai pu voir que 3 des longs métrages en compétition; les voici dans l'ordre de visionnage. Bien que très différents, ils ont tous en commun un thème universel : la famille.

Funan est une biographie romancée de la mère du réalisateur. L'histoire commence en 1975 à Phnom Penh au Cambodge, peu avant l'arrivée des Khmers rouges au pouvoir. On assiste alors à la désintégration d'une famille et de toutes les exactions d'un régime inhumain. Sans jamais plonger dans le mélodrame et sans détourner le regard, Funan est un film choc et sans complaisance soutenu par une réalisation de grande qualité !

Dans un registre diamétralement opposé on trouve Okko et les fantômes, une comédie légère sur la vie d'une fillette orpheline qui travaille dans l'auberge de sa grand-mère. Petite particularité : elle voit des fantômes. Un film sympathique et sans prétention quoique j'émets quelques doutes sur l'efficacité de la shopping therapy...

Kun, 4 ans, voit sa vie bouleversée par l'arrivée d'une intruse, sa petite soeur Mirai. Entre fascination et colère, le petit garçon se réfugie dans son imagination fertile et sa découvrir l'histoire de sa famille. Le réalisateur Mamoru Hosoda revient sur une histoire plus intime et merveilleusement (ir)réaliste lorsque la magie se mèle au quotidien. Un sentiment que ne j'avais pas ressenti dans ses films récents et qui se rapproche plutôt de La Traversée du temps.

-- Cèbe

Dilili à Paris

Michel Ocelot nous livre un film tous publics, à la fois délicieusement naïf, optimiste et engagé. Dilili pourrait sans problème être la grande soeur instruite de Kirikou, une fillette aux manières et à la diction parfaite et qui n'a pas la langue dans poche. Elle va rencontrer de nombreuses célébrités de la Belle Epoque qui vont l'assister dans son enquête sur la disparition inquiétante de nombreuses jeunes filles et sur la mystérieuse secte des Mâles-Maîtres.

Régal pour les pupilles et pour les oreilles, le film n'oublie pas de faire écho à des dérives bien réelles qui menacent depuis toujours nos sociétés humaines. C'est un film à voir en famille, à l'école et dès sa sortie en Octobre !

-- Cèbe

Weekends

Voici une liste non exhaustive de courts qui m'ont plu dans les sélections n°2 et 4; je n'aurais malheureusement pas le temps d'approfondir ni de mentionner d'autres courts d'excellente facture. Commençons avec weekends, l'histoire d'un petit garçon qui vit alternativement avec sa mère dans une maison à la campagne et le week-end avec son père dans un appartement à la ville. Les angoisses et les rêves de l'enfant sont très bien transcrits à l'écran. Guaxuma est l'hommage d'une jeune femme à son amie d'enfance disparue, une belle histoire et une belle animation made in Brazil !

Strange Beasts ou le pokemon go ultime nous interpelle sur la réalité augmentée. Pouvons-nous être heureux en trompant nos sens ? Où commence la réalité ? Enfin, dans Panta Rhei, un chercheur est troublé par une baleine échouée sur un rivage de la mer du Nord. D'où venait-elle ? Comment s'est-elle perdu dans des eaux aussi loin de chez elle ? Et le chercheur se perd à son tour...

-- Cèbe

Le chat qui pleure

De Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli. On retrouve la patte très marquée du duo à l'origine de nombreux métrages Folimage tels que Un couteau dans les fourchettesUne vie de chat et Phantom Boy entre autres. Ce court métrage fait partie de la sélection n°3, qui est assez inégale. Un garçon qui harcèle son petit frère est contraint par sa mère de passer un après-midi avec un vieil homme au lourd secret... A voir ! Dans cette même sélection on trouve le très sympathique Animal Behavior avec un chien psychothérapeute et un gorille colérique. L'issue est imprévisible !

La sélection n°5 est un peu plus homogène mais pas du tout drôle. Mentions à (Fool Time) Job, une histoire sans paroles étrange et angoissante très bien écrite, Vibrato sur la vie amoureuse de Charles Garnier et Mr. Deer qui fait lui aussi froid dans le dos. Vous n'aurez plus envie de prendre le métro !

Pour finir le résumé de ces deux jours de courts, la sélection n°2 donne un peu plus dans le récit en commençant avec l'autobiographique Tightly Wound : ni complaisant ni documentaire mais certainement instructif ! Raymonde ou l'évasion verticale et Maria et les Sept Nains font tous les deux référence au (dérèglement du) religieux. Raymonde est une vieille chouette et Maria est une chouette soeur. Elles ont toutes les deux des petits soucis relationnels avec Dieu...

-- Cèbe

Liz and the Blue Bird, Maquia When the Promised Flower Blooms

Je manque de temps pour écrire dans le détail mais j'attendais Liz and the Blue Bird de la même réalisatrice que A Silent Voice. Si ce dernier avait quelques longueurs, Liz est plus contenu et plus autonome en tant qu'adaptation.

On est dans la tranche de vie et il ne faut donc pas s'attendre à des rebondissements épiques mais la fin ne nous laisse pas sur notre faim (désolé, il est tard, dommage qu'on ne puisse pas avoir de sandwich au Pathé). Les scènes se déroulant dans l'univers lyrique de l'oeuvre Liz und ein Blauer Vogel ont un style très vintage et très coloré qui tranchent avec la relative grisaille scolaire. Un joli film qui met Naoko Yamada sur la liste des réalisatrices à suivre !

Maquia - When the Promised Flower Blooms est beaucoup plus (trop ?) ambitieux. Maquia est une jeune fille réservée de 15 ans qui va vivre plusieurs centaines d'années en gardant son apparence enfantine. C'est la bénédiction et la malédiction de son peuple, une quasi-immortalité qui provoque l'envie et l'animosité des royaumes voisins. Lors d'une invasion, Maquia va se retrouver séparée de son clan. Elle va devoir apprendre à vivre seule avec un bébé orphelin qu'elle a adopté. Et souffrir de voir cet enfant grandir tandis qu'elle même ne vieillit pas d'un jour... La réalisatrice Mari Okada expose ainsi les joies et les peines intimes d'une famille dans un monde imaginaire très riche. Il y a malheureusement des problèmes de script et de rythme notamment vers la fin -- j'ai l'impression d'avoir vu une série résumée en un seul film... Ces défauts sont néanmoins compensés par une réalisation de qualité et la musique très à propos de Kenji Kawai.

-- Cèbe