Anim'Annecy

Blog personnel consacré au Festival International du Film d'Animation d'Annecy

20 ans plus tard

1999. L'année où la Lune quitte son orbite... Ah non, je mélange. En 1999 donc, la science fiction n'a pas encore envahi notre vie quotidienne, Siri n'arrivera que 13 ans plus tard... je m'égare à nouveau. Bref, 1999 c'est mon 1er festival, je suis encore à l'école et le pays invité est le Japon.

2019. J'attends toujours Skynet, mais je pense qu'il ne devrait plus tarder grâce à Google. Non Google, tais-toi, je ne t'ai rien demandé ! C'est mon 21ème festival, et le pays invité est le Japon. Que de chemin parcouru !

D'ores et déjà deux films Japonais retiennent mon attention. Maasaki YUASA est de retour après avoir remporté le cristal du long métrage en 2017 avec Lou et l'Île aux sirènes. Le thème reste marin cette année dans Ride your Wave. Keiichi HARA, également primé à Annecy pour Colorful et Miss Hokusai, nous présente quant à lui Birthday Wonderland. Les deux longs métrages sont en compétition, cela va faire des étincelles !

Egalement en compétition, The Relative Worlds du relativement peu connu Yuhei SAKURAGI devra essayer de se faire une place au soleil, au côté de J'ai perdu mon corps de Jérémy CLAPIN qui reprend un de ses thèmes favoris en long métrage. Un dernier film retient mon attention, Les Hirondelles de Kaboul de Zabou BREITMAN et Éléa GOBBÉ-MEVELLEC.

En contrechamps (hors compétition), Les enfants de la mer de Ayumu WATANABE est adapté d'un manga que je ne connais pas mais qui pourrait sans doute me plaire. Je compte donc bien visionner ce film.

Oh et il y a aussi Modest Heroes, composé de trois courts métrages: Kanini & Kanino de Hiromasa Yonebayashi (connu pour Arrietty, Marnie, Mary) - Life Ain't Gonna Lose de Yoshiyuki Momose - Invisible de Akihiko Yamashita. Ces deux derniers viennent de l'écurie Ghibli, rien de moins.

Last but not least, Human Lost est programmé pour vendredi soir, on peut donc s'attendre à un film assez sombre...

Un beau programme en perspective !

-- Cèbe

Mirai, Funan, Okko et les fantômes

Je n'ai pu voir que 3 des longs métrages en compétition; les voici dans l'ordre de visionnage. Bien que très différents, ils ont tous en commun un thème universel : la famille.

Funan est une biographie romancée de la mère du réalisateur. L'histoire commence en 1975 à Phnom Penh au Cambodge, peu avant l'arrivée des Khmers rouges au pouvoir. On assiste alors à la désintégration d'une famille et de toutes les exactions d'un régime inhumain. Sans jamais plonger dans le mélodrame et sans détourner le regard, Funan est un film choc et sans complaisance soutenu par une réalisation de grande qualité !

Dans un registre diamétralement opposé on trouve Okko et les fantômes, une comédie légère sur la vie d'une fillette orpheline qui travaille dans l'auberge de sa grand-mère. Petite particularité : elle voit des fantômes. Un film sympathique et sans prétention quoique j'émets quelques doutes sur l'efficacité de la shopping therapy...

Kun, 4 ans, voit sa vie bouleversée par l'arrivée d'une intruse, sa petite soeur Mirai. Entre fascination et colère, le petit garçon se réfugie dans son imagination fertile et sa découvrir l'histoire de sa famille. Le réalisateur Mamoru Hosoda revient sur une histoire plus intime et merveilleusement (ir)réaliste lorsque la magie se mèle au quotidien. Un sentiment que ne j'avais pas ressenti dans ses films récents et qui se rapproche plutôt de La Traversée du temps.

-- Cèbe

Dilili à Paris

Michel Ocelot nous livre un film tous publics, à la fois délicieusement naïf, optimiste et engagé. Dilili pourrait sans problème être la grande soeur instruite de Kirikou, une fillette aux manières et à la diction parfaite et qui n'a pas la langue dans poche. Elle va rencontrer de nombreuses célébrités de la Belle Epoque qui vont l'assister dans son enquête sur la disparition inquiétante de nombreuses jeunes filles et sur la mystérieuse secte des Mâles-Maîtres.

Régal pour les pupilles et pour les oreilles, le film n'oublie pas de faire écho à des dérives bien réelles qui menacent depuis toujours nos sociétés humaines. C'est un film à voir en famille, à l'école et dès sa sortie en Octobre !

-- Cèbe

Weekends

Voici une liste non exhaustive de courts qui m'ont plu dans les sélections n°2 et 4; je n'aurais malheureusement pas le temps d'approfondir ni de mentionner d'autres courts d'excellente facture. Commençons avec weekends, l'histoire d'un petit garçon qui vit alternativement avec sa mère dans une maison à la campagne et le week-end avec son père dans un appartement à la ville. Les angoisses et les rêves de l'enfant sont très bien transcrits à l'écran. Guaxuma est l'hommage d'une jeune femme à son amie d'enfance disparue, une belle histoire et une belle animation made in Brazil !

Strange Beasts ou le pokemon go ultime nous interpelle sur la réalité augmentée. Pouvons-nous être heureux en trompant nos sens ? Où commence la réalité ? Enfin, dans Panta Rhei, un chercheur est troublé par une baleine échouée sur un rivage de la mer du Nord. D'où venait-elle ? Comment s'est-elle perdu dans des eaux aussi loin de chez elle ? Et le chercheur se perd à son tour...

-- Cèbe

Le chat qui pleure

De Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli. On retrouve la patte très marquée du duo à l'origine de nombreux métrages Folimage tels que Un couteau dans les fourchettesUne vie de chat et Phantom Boy entre autres. Ce court métrage fait partie de la sélection n°3, qui est assez inégale. Un garçon qui harcèle son petit frère est contraint par sa mère de passer un après-midi avec un vieil homme au lourd secret... A voir ! Dans cette même sélection on trouve le très sympathique Animal Behavior avec un chien psychothérapeute et un gorille colérique. L'issue est imprévisible !

La sélection n°5 est un peu plus homogène mais pas du tout drôle. Mentions à (Fool Time) Job, une histoire sans paroles étrange et angoissante très bien écrite, Vibrato sur la vie amoureuse de Charles Garnier et Mr. Deer qui fait lui aussi froid dans le dos. Vous n'aurez plus envie de prendre le métro !

Pour finir le résumé de ces deux jours de courts, la sélection n°2 donne un peu plus dans le récit en commençant avec l'autobiographique Tightly Wound : ni complaisant ni documentaire mais certainement instructif ! Raymonde ou l'évasion verticale et Maria et les Sept Nains font tous les deux référence au (dérèglement du) religieux. Raymonde est une vieille chouette et Maria est une chouette soeur. Elles ont toutes les deux des petits soucis relationnels avec Dieu...

-- Cèbe

Liz and the Blue Bird, Maquia When the Promised Flower Blooms

Je manque de temps pour écrire dans le détail mais j'attendais Liz and the Blue Bird de la même réalisatrice que A Silent Voice. Si ce dernier avait quelques longueurs, Liz est plus contenu et plus autonome en tant qu'adaptation.

On est dans la tranche de vie et il ne faut donc pas s'attendre à des rebondissements épiques mais la fin ne nous laisse pas sur notre faim (désolé, il est tard, dommage qu'on ne puisse pas avoir de sandwich au Pathé). Les scènes se déroulant dans l'univers lyrique de l'oeuvre Liz und ein Blauer Vogel ont un style très vintage et très coloré qui tranchent avec la relative grisaille scolaire. Un joli film qui met Naoko Yamada sur la liste des réalisatrices à suivre !

Maquia - When the Promised Flower Blooms est beaucoup plus (trop ?) ambitieux. Maquia est une jeune fille réservée de 15 ans qui va vivre plusieurs centaines d'années en gardant son apparence enfantine. C'est la bénédiction et la malédiction de son peuple, une quasi-immortalité qui provoque l'envie et l'animosité des royaumes voisins. Lors d'une invasion, Maquia va se retrouver séparée de son clan. Elle va devoir apprendre à vivre seule avec un bébé orphelin qu'elle a adopté. Et souffrir de voir cet enfant grandir tandis qu'elle même ne vieillit pas d'un jour... La réalisatrice Mari Okada expose ainsi les joies et les peines intimes d'une famille dans un monde imaginaire très riche. Il y a malheureusement des problèmes de script et de rythme notamment vers la fin -- j'ai l'impression d'avoir vu une série résumée en un seul film... Ces défauts sont néanmoins compensés par une réalisation de qualité et la musique très à propos de Kenji Kawai.

-- Cèbe