La sonorisation du théâtre ne couvre plus le doublage 'live' du Lapin. Le mercredi, c'est le jour des enfants et justement, nous sommes de grands enfants. Et nous ne sommes pas les seuls: il faut croire que certains étudiants privilégient le festival à la révision en vue de partiels ! Difficile de les blâmer... mais n'auraient-ils pas perdu un peu leur temps?

Les marionnettes ont-elles une âme? En tout cas, celle qui nous est présentée aujourd'hui n'a pas beaucoup de pitié: elle condamne les cambrioleurs venus visiter sa boutique au même sort qu'elle. Annecy 2001, version Twilight Zone.

The Last Polar Bears (TV)

Les films de télévision d'aujourd'hui sont exclusivement réservés à la jeunesse. Commençons par citer Les Rois et les Reines. Maintenant que c'est fait, passons directement à quelque chose de réellement intéressant: The Last Polar Bears, qui raconte la dernière aventure d'un grand père, accompagné de son chien, qui recherche les derniers ours blancs. De péripéties en péripéties, le vieil homme se rapproche du Pôle et de la conclusion de cette histoire, à la fois belle et triste. Joliment illustrée par une réalisation de qualité, certains reprocheront l'atmosphère un peu aseptisée du dessin animé.

The Last Polar Bears Détective Pecola

Mais rappelons nous: nous sommes mercredi. Bill Cosby n'est toujours pas à la retraite et nous le prouve en nous infligeant Little Bill. C'est assez abominable ("Je veux être un guppy !" a du être prononcé au moins cinq fois par minute, en moyenne), à la limite du lavage de cerveau. On oublie. Max & Ko et Zoey, respectivement allemand et américain, sont des histoires sans prétention et agréables. Pas grand chose à dire de plus, si ce n'est qu'ils ont le point commun d'une invasion (fomentée par des extra-terrestres lilliputiens dans un cas, et par des ocelots dans l'autre).

Détective Pecola affiche clairement sa réalisation en images de synthèse. Entre autres qualités: c'est chatoyant et heu, les couleurs, sont très vives. Et les nuances, très contrastées. Je me répète un peu, mais il n'y a rien de neuf à l'Est: l'histoire n'est pas très intéressante et la réalisation est au niveau de ce qui se faisait il y a quelques années déjà (sur GameBoy). J'exagère un petit peu, mais le concept du personnage tout carré n'est plus très original.

The Drums of Nobotanto est un conte japonais réalisé par des écossais - pourquoi pas - qui relate l'histoire d'un jeune apprenti tambourineur malin et impatient. Son village est sur le point de se faire attaquer par un shogun en campagne: mais l'enfant le sauvera grâce un habile subterfuge.

Hasta los Huesos (CM)

Nous revoilà à l'heure des courts métrages. C'est avec un peu d'appréhension désormais que j'aborde ce programme, et cette crainte diffuse va assez vite se révéler fondée.

Luz exploite un artifice déjà connu: un personnage 'réel' se voit confronté à son 'image' de cinéma. Seulement, ou bien je n'ai rien compris (ce qui est loin d'être impossible), ou bien cette seule idée ne suffit pas à faire quelque chose d'intéressant. Mais ce n'est rien face au déluge qui nous attends, pauvres spectateurs.

Hobo est peut-être le nom du personnage principal qui cherche à se suicider sur une voie ferrée et qui rencontre des lutins pathétiques: le sens m'échappe une fois de plus. L'ambiance est réussie, c'est très glauque.

Tout comme les métrages suivants: Il Vitello D'Oro, affiche son statut d'oeuvre d'art (?) sans but implicite. Un peu comme une peinture animée que l'on ne comprendrait pas sans l'intervention du guide du musée. Six at One a lui une ambition complètement inverse: il raconte simultanément six histoires. En fait, ce sont six variations sur un même thème: un cadre trompe sa femme avec sa secrétaire. A la base, le concept est original. Mais choisir une trame aussi éculée, par contre, fait que l'on s'ennuie assez vite.

Intolérance est lui aussi un peu à part. Cette fable sur une civilisation avancée extra-terrestre dont les individus ont tous le sexe et la tête inversés ne taille pas dans la dentelle: la morale (sur l'intolérance, comme son nom l'indique) n'est pas suggérée mais martelée, répétée, amplifiée jusqu'à l'écoeurement. Pour nous remonter le moral, le comité de sélection nous a tout de même ajouté deux court métrages intéressants.

Ainsi, l'Âme Noire récapitule l'histoire des Noirs aux USA et au Canada (pays d'origine de ce film) et utilise la technique éprouvée de la peinture sur vitre. Maintenant, c'est tout de même en dessous d'un Frédéric Back ou d'un Alexander Petrov que ce soit pour la technique ou pour la vision. Tout le monde ne peut pas prétendre au génie...

Hasta los Huesos

Enfin, Hasta los Huesos nous raconte les péripéties d'un homme décédé qui découvre le pays des Morts et qui doit accepter son nouveau statut. L'ambiance est très réussie, et basée sur les croyances et coutumes liées à la fête des morts en Amérique du Sud - c'est également très proche du jeu vidéo d'aventure Grim Fandango qui puisait dans le même filon. Les images de synthèse sont ici très belles, la musique très réussie: un bon cocktail !

Dog Days (LM)

Dog DaysBon, ce n'est pas un scoop: les jours suivent et se ressemblent. Enfin, en apparence, parce que les surprises ne sont pas les mêmes ! Le long métrage de ce soir est danois et s'intitule Dog Days.

Il s'agit d'une pseudo-aventure policière et délirante, dont les rôles titres sont donnés aux représentants de la race canine. Ca rappelle, mais de très loin alors, les intrigues à la Agatha Cristie.

Seulement, la plupart des ressorts se désamorcent au fur et à mesure, ce qui donne quelque chose d'assez bizarre: le ton n'est ni enfantin, ni vraiment adulte. Quel est alors le public visé? La technique est de plus assez moyenne, ce qui donne finalement un dessin animé sympathique mais sans plus!