Quelle belle manière de commencer le festival ! Le studio Aardman va nous accompagner avec le film partenaire projeté avant toutes les séances, mais il s'est aussi invité sur scène pour une master class qui ressemblait à la fois à une boîte à souvenirs et à un aperçu du futur. Ce qui m'a grandement rassuré car je n'entendais plus beaucoup parler du studio à part le très réussi Wallace et Gromit : La Palme de la vengeance. Je n’ai pas pu enregistrer la session, donc ces notes sont forcément incomplètes et j'ai dû rechercher quelques informations complémentaires sur internet.

La séance était construite en deux temps. D’abord, les grands anciens : Peter Lord, David Sproxton, Nick Park… ceux qui ont lancé Aardman à partir de presque rien, avec beaucoup de patience, quelques coups de poker et pas mal d’humour anglais. On est revenus sur les débuts, les bricolages, les expérimentations, puis sur tout ce qui a fini par devenir la patte du studio : Morph, Wallace & Gromit, Chicken Run, Shaun le mouton, et tous ces personnages qui ont l’air d’avoir toujours vécu quelque part dans un coin de notre mémoire collective !

Puis les réalisateurs historiques ont laissé la place à de nouveaux visages et à de nouveaux projets.

Il y a d’abord Shaun the Sheep: The Beast of Mossy Bottom, qui nous ramène dans l’univers de Shaun le mouton, avec une ambiance de film de monstre. Ca rappelle évidemment un peu Le Mystère du lapin-garou dans le traitement "fais moi peur mais fais moi rire d'abord". J'ai hâte !

Autre projet : Let’s Go Timmy!, une nouvelle série pour les plus petits dans l'univers de Shaun le mouton. L’idée de départ est toute simple : les petits doivent arriver à l’école, accompagnés par Bitzer. Sauf qu’évidemment, chez Aardman, "aller à l’école" devient une aventure à part entière !

La collaboration avec Pokémon a aussi fait partie des moments marquants de la séance. Le projet s’appelle Pokémon Tales: The Misadventures of Sirfetch’d & Pichu et met donc en scène Sirfetch’d, un canard chevalier très digne, armé d'un énorme poireau en guise de lance. C’est un personnage parfait pour Aardman : sérieux, raide, héroïque dans sa tête… prêt à être malmené par Pichu et une ribambelle de gags. On a pu voir quelques extraits et une démo, et ce qui frappe, c’est cette sensation étrange d’être devant de la CG 3D. Les mouvements sont propres, les personnages ont une présence très nette, les effets sont fluides… et pourtant, tout est bien en pâte à modeler, fabriqué physiquement. Même les éclairs de Pichu passent par des effets pratiques. C’est exactement le genre de détail qui rend la chose excitante : Aardman ne se contente pas d'exploiter une licence, il cherche comment adapter Pokémon à sa sauce.

Il y avait aussi The (Almost) Untold Story of Danger Delilah, projet encore mystérieux, lié à l’univers d’Oliver Jeffers. L’idée d’une héroïne dont le monde disparaît parce que son histoire est oubliée ne m'est pas inconnue, mais on sent un projet plus sérieux et moins enfantin. Intrigant !

Autre beau moment, la présentation d'un nouveau master monté entre Aardman et le Royal College of Art. Dit comme ça, ça pourrait sonner très brochure universitaire, mais ils ont accompagné l’annonce d’un film de recrutement vraiment drôle, très Aardman dans l’esprit : exigeant tout en refusant de se prendre au sérieux. Sans rire : ça donne vraiment envie d'y aller ! Et ça donne aussi une impulsion pour les talents du studio de demain. Merci Aardman !