Le Corset raconte l’histoire de Christophe, 11 ans, qui grandit dans une ferme de Beauce au milieu des années 80. Il aide comme il peut, monte sur le tracteur, traverse l’école et le quotidien… mais son corps, lui, ne suit pas vraiment une ligne droite. Christophe penche, tombe, se fait remarquer. La correction arrive sous la forme d'un corset métallique, lourd, gênant, une entrave à la liberté.

On accompagne Christophe dans ses galères, ses maladresses, ses colères rentrées, cette drôle de période où l’innocence de l'enfance commence à s'étioler. Il y a les premiers sentiments, les premières échappées, la découverte de la musique, et surtout cette impression que quelque chose en lui cherche à respirer malgré tout ce qui le serre. Échappatoire bienvenu, Christophe découvre la musique en apprenant l'orgue à l'église. On se surprend vraiment à être ému par cet immense instrument à la puissance contenue qui explose parfois. Mention spéciale à la reprise de Comme un ouragan, tube suranné qui prend reprend ici des couleurs et qui fonctionne très bien dans le contexte du film !

Le film nous replonge dans une certaine France rurale des années 80. La ferme, les champs, les parents qui ne disent pas grand-chose, les difficultés qui pèsent sans toujours être formulées… Tout cela m’a parlé, peut-être parce que mes propres grands-parents étaient agriculteurs. Le film ne force pas la nostalgie, mais il fait revenir une ambiance.

Visuellement, Le Corset est très réussi. Le trait à l’encre et les couleurs à l’aquarelle donnent au film une texture sensible, vivante, jamais figée. En résumé, un beau "coming of age", très émouvant, avec une patte graphique superbe et une bande originale qui reste en tête longtemps après la séance. Le film doit sortir le 14 octobre 2026 au cinéma.