Dans une petite ville japonaise, Tsubasa et Gyotaro deviennent meilleurs amis à l’école primaire. Mais suite à une dispute banale, Gyotaro s'aliène cette amitié. Peu après, par ressentiment, Tsubasa déclenche un incident qui va complètement changer la vie de Gyotaro. De star de l'école, Gyotaro devient paria et harcelé par ses camarades. Une blessure qu'il va porter jusque dans sa vie adulte.

Le récit est séparé en deux parties. On prend d'abord partie pour Tsubasa, on comprend ses faiblesses et ce qui l'amène à rejeter son ami. Puis on passe au point de vue de Gyotaro et on ne peut s'empêcher de ressentir sa douleur, ses errements, son impossibilité d'aller de l'avant. Ce basculement est l’un des aspects les plus forts du film : il ne raconte pas seulement le harcèlement, il montre aussi comment les lâchetés ordinaires, les silences et les petits renoncements peuvent changer une vie.

Visuellement, le film est magnifique. L’animation en rotoscopie peut dérouter au début mais permet des choses impossibles en prises de vue réelles. Les mouvements des enfants paraissent imprévisibles, vivants, parfois grotesques ; les expressions de choc, de gêne ou de peur deviennent très physiques. À côté de ça, les décors sont d’une grande richesse, plus beaux que nature.

Pour un premier long métrage, We Are Aliens est assez bluffant. Kohei Kadowaki signe un film personnel, sombre, dur, mais aussi profondément beau, sensible et sincère.