Lucy Lost est la belle surprise du Festival d’Annecy cette année, et sans doute le film que j’ai préféré de toute ma sélection.

Avant la projection, j’étais pourtant assez sceptique. L’illustration et le résumé dans le programme du festival me donnaient l’impression d’un film pour enfants un peu trop sage, sans grande profondeur, avec une esthétique qui semblait surtout chercher à rappeler le cinéma de Miyazaki. Je craignais une œuvre jolie mais prévisible. Cette séance a complètement balayé cette première impression.

Réalisé par Olivier Clert, Lucy Lost adapte le roman de Michael Morpurgo, un auteur britannique assez peu connu chez nous mais traduit dans le monde entier. J'ai d'ailleurs déjà vu une autre adaptation, Le Royaume de Kensuké. Présent sur scène, l'écrivain explique avec humour qu'il n'a jamais vu le film.

On suit Lucy, petite fille amnésique à la suite d'un accident qui vit avec sa famille dans une petite île du nord de l'Angleterre durant la Seconde Guerre mondiale. La guerre est loin, jusqu'à ce que des avions de chassent s'affrontent à proximité. L'innocence de Lucy va être confrontée à la peur, aux soupçons et à la vindicte des autres villageois.

Derrière son apparence de conte pour enfants, Lucy Lost aborde avec sensibilité des thèmes profonds : la mémoire, l’exil, la solitude, la différence, le rejet, mais aussi l’amitié et la solidarité. Le récit est intelligent et très bien mené, avec ce qu'il faut de rebondissements et de révélations.

Visuellement, le film m’a aussi surpris. L’influence du cinéma de Miyazaki est effectivement présente, mais le film possède sa propre identité. La musique d'Anne Sophie Versnaeyen est également très réussie et c'est une bande originale que j'espère voir sortir dans un format physique, tout comme celle de Le Corset.