Anim'Annecy

Blog personnel consacré au Festival International du Film d'Animation d'Annecy

Dans un recoin de ce monde - この世界の片隅に

De Sunao Katabuchi.

Suzu est une jeune fille rêveuse, douée pour le dessin. Ce n'est pas très utile dans le Japon des années 30, et Suzu est vite mariée à un jeune homme qu'elle ne connaît pas. Elle déménage à Kure, un port militaire à proximité de Hiroshima. Suzu doit alors apprendre à vivre dans une nouvelle famille, et elle y met tout son coeur. Lorsque la guerre arrive, la vie quotidienne continue malgré les privations, et bientôt les bombardements. Puis, le 6 août 1945...

Dans un recoin de ce monde est une petite histoire qui s'inscrit dans la grande -- tout comme Ethel & Ernest dans un saisissant effet miroir. Le film est tout entier dédié à la vie de cette jeune femme d'origine modeste au caractère enjoué, au point que l'on pourrait oublier qu'il s'agit, cette fois, d'un personnage imaginaire.

Echappant à toute démarche moralisatrice ou voyeuriste, le film parvient à être subtil, léger, lumineux tout en démontrant sans complaisance l'horreur de la guerre. Un tour de force.

-- Cèbe

CMC2 - Pépé le morse

Pépé était un morse, il passait le plus clair de son temps à bronzer en bord de mer et ce quelque soit la météo. Il était bizarre, pépé, et maintenant il est mort. Le jeune garçon qui énonce cette vérité accompagne sa famille dans un cortège assez particulier voire légèrement paranormal. Sa grand-mère mélange allègrement cendres funéraires et mégots de cigarettes pour élever un monument mortuaire éphémère. Un court dérangeant, émotionnel et tendre à la fois !

Adam est un très joli court en images de synthèse mais un peu creu niveau récit -- Imagina n'est pas loin. Nothing Happens porte très bien son nom et j'espère ne pas avoir ronflé trop fort. Dans Zug nach Peace, le bonheur ne vient que s'il est invité et c'est devenu bien trop rare dans le pays d'origine du narrateur et réalisateur, l'Irak.

Finalement, dans Nocna ptica (l'Oiseau de nuit), un blaireau ivre mort vole une voiture de police et continue son périple alcoolisé. La ligne centrale de la route devient de plus en plus floue, les phares dancent de plus en plus, jusqu'à l'accident. Un film fort !

-- Cèbe

Hirune Hime - ひるね姫 〜知らないワタシの物語〜

De Kenji Kamiyama.

La jeune Kokone ne semble pas arriver à rester éveillée. Que ce soit en cours ou à la maison, elle se laisse entraîner dans des rêves plus grands que nature et plus réels que la réalité. Dans ceux-ci, elle s'appelle Ancien et elle possède une tablette magique. Pas genre les dix commandements, non, la tablette informatique genre Pomme (tm) ou Ça-me-saoule (tm). Ancien est la princesse d'un royaume steampunk qui subit sans répit les attaques de monstres de lave venus de l'océan, mais elle tenue à l'écart par son grand-père qui craint ses pouvoirs magiques -- ceux de la tablette, donc. L'histoire avançant, les mondes réels et imaginaires vont se mélanger de plus en plus, au point qu'il soit difficile de comprendre ce qu'il se passe à la fin.

C'est d'ailleurs le plus gros défaut du film; là où le regretté Satoshi Kon aurait excellé à brouiller la frontière d'une réalité toute subjective, Kamiyama applique le même traitement aux deux "réalités" sans distinction et l'on s'attend alors à que tout ce qui se passe dans le monde "rêvé" se passe également dans le monde réel. Ce n'est pas le cas. La fin du récit défie alors toute logique imaginaire ou réelle et ce même si l'on est narcoleptique. 

Hirune Hime ~ Rêves éveillés ~ est un divertissement agréable pour toute la famille, mais j'attendais plus du réalisateur dont j'avais beaucoup apprécié la série Serei no Moribito et qui sans doute plus connu pour les séries de Ghost in the Shell: Stand Alone Complex.

-- Cèbe

Blame! - ブラム!

De Hiroyuki Seshita et Tadahiro Yoshihira.

C'est dans une ambiance survoltée que les réalisateurs nous présentent le film, bientôt rejoints par quelques comparses bières à la main. L'un deux nous explique en français dans le texte que le titre se dit bien avec un a. Comme Blam ! mais avec un e. Vous suivez ?

On découvre donc Killy, un humain augmenté arpentant les architectures colossales et impossibles créées par des entités biomécaniques hors de contrôle - les bâtisseurs - et peuplée par des créatures mutantes que n'aurait pas renié H.R. Giger. Killy parle (très) peu, mais les personnes qu'ils rencontrent meublent (un peu trop) la conversation. Après avoir sauvé un groupe de jeunes électro-pêcheurs d'une mort certaine, Killy se retrouve impliqué dans la survie d'une tribu qui se cache des Exterminateurs.

Le film ressemble un peu aux derniers Appleseed niveau réalisation, l'animation est plutôt réussie. et donne un aperçu assez juste de la ville-monde titanesque du manga de Tsutomu Nihei. Plutôt que de résumer les 10 tomes du manga -- une tâche pour le moins complexe, le film raconte une histoire originale reprenant deux des personnages principaux du manga. Là où le bât blesse, c'est que l'histoire en question manque singulièrement d'ampleur, et on a l'impression d'être en face du pilote d'une série... Etant donné que le film est produit par Netflix, ce n'est peut-être pas impossible ?

-- Cèbe

CMC4 - Kosmos

En plein dans le Kosmos, pour sûr ! Dans cette sélection, Splendida Moarte Accident est effectivement un splendide court, pas forcément facile d'accès mais intéressant dans son animation et sa narration. Le récit est inspiré de l'histoire de Medi Dinu, une peintre Roumaine qui aurait écrit une lettre d'amour il y bien, bien longtemps.

Kötü Kiz (Vilaine Fille) commence avec un graphisme mignon mais qui tourne rapidement à l'inquiétant. Une petite fille se remémore des souvenirs sombres et violents et se demande si elle a mal agi pour avoir vécu cela. Un sujet difficile malheureusement toujours plus d'actualité.

D'une tournure beaucoup plus classique, l'esthétique court chinois Valley of White Birds nous conte l'histoire d'un jeune homme confronté à ses fantômes, dans une vallée reculée habitée par des oiseaux blancs.

-- Cèbe

Lou et l'Île aux sirènes - 夜明け告げるルーのうた

De Masaaki Yuasa.

Kai a quitté Tokyo à la suite du divorce de ses parents et vit maintenant avec son père et son grand-père dans un village de pêcheurs constamment ombragé par un piton rocheux. On dit que des sirènes vivent encore dans la baie, à l'abri du soleil qui les tuerait à coup sûr. Kai est en pleine crise d'adolescence et montre une indifférence froide à tous ceux qui l'entourent, y compris à deux de ses camarades de classe qui aimeraient bien qu'il rejoigne leur groupe : les Sirein. Kai se laisse convaincre malgré tout... Alors qu'ils répètent sur une île abandonnée de l'autre côté de la montagne, Lou est attirée par la musique. Lou est une authentique sirène !

Masaaki Yuasa est un réalisateur qui a déjà été vu à Annecy pour son court métrage Kick-Heart. Il est également à l'origine de la série Kaiba et a participé à beaucoup de courts, séries et longs métrages. Il a un style très personnel et privilégie toujours le mouvement et la fluidité -- dans le sens où cadre, personnages et décors peuvent allègrement se déformer pour accompagner une action ou un propos. Le film commence de manière assez traditionnelle, mais l'apparition de Lou déclenche des séquences folles et jubilatoires à l'image de l'étrangeté de la sirène. Cela rattrape largement deux écueils du film selon moi : un rythme inégal (je commence vraiment à penser que je suis trop formaté par Hollywood) et un héros terne qu'on peut avoir envie de gifler à plusieurs reprise (un ado quoi). Mention spéciale aux scènes à la Tex Avery : elles sont fantastiques !

-- Cèbe

CMC3 - Dans l'espace, personne ne vous entend crier

Cette sélection expérimente le loin, le vide, l'absence, la géographie des choses et des corps et nous sommes malheureusement parfois témoins d'exercices de style. La performance est admirable, mais cela ne suffit pas !

Mon film préféré : Negative space par Max Porter et Ru Kywahata. Dans la rubrique "la disparition de nos proches", ce film tire son épingle du jeu. Le vide est ici rempli de chaussettes en boule, de ceintures disposées comme des serpents et de pantalons repliés sur l'ourlet. À partir d'une expérience partagée - un papa apprend à son fils à faire une valise - c'est toute une vie que l'on déroule. Autant de préparations au départ qui permettent sans doute de supporter l'ultime voyage. Avec juste ce qu'il faut de légèreté !

-- Etbougekobe

Moi, Moche et Méchant 3

De Pierre Coffin, Kyle Balda et Éric Guillon.

Une suite de suite dont je n'avais vu aucun épisode, et j'imagine donc que je manque un peu de contexte. Le moche et ancien méchant Gru travaille maintenant comme agent secret et cherche sans relâche à capturer sa némésis, le super méchant Balthazar Bratt. Le 'brat' (sale gosse) en question était un enfant star dans les années 80, et il semble qu'il n'en soit jamais sorti. Prétexte donc à toute une ribambelle de séquences avec épaulettes, paillettes et boules disco sur fond de Michael Jackson. Il y a clairement plus de moyens que pour Zombillénium qui n'a pas pu utiliser Thriller parce que trop cher -- dixit un personnage de ce film en brisant le 4ème mur.

Le film est bourré de gimmicks et de références mais il ne parvient pas à faire oublier la minceur de son scénario; on suit en parallèle les historiettes de la famille de Gru et de la sécession des Minions qui n'apportent absolument rien à la trame principale. Un bon divertissement qui arrachera forcément quelques rires, mais certainement pas un grand film. Merci cependant pour les goodies :-)

-- Cèbe

Loving Vincent, La Passion Van Gogh

De Dorota Kobiela et Hugh Welchman.

Pas de surprise sur la trame du film : il s'agit du récit de la vie de Vincent Van Gogh, dont la narration débute après son mystérieux décès. Les plus férus d'histoire de l'art savent d'ailleurs que l'œuvre de l'artiste n'a rencontré le succès qu'après sa disparition. Nous suivons ainsi l'enquête d'Armand Roulin à Auvers-sur-Oise, déterminé à remettre la dernière lettre de l'artiste. Du reste, la réalisatrice s'est appuyée sur la riche correspondance de Van Gogh pour étayer son propos.

L'immersion est totale puisque les images sont toutes composées en huile sur toile, à partir des œuvres de Van Gogh. Hommage réussi, tant la forme et le fond du projet sont liés. Le tour de force de ce film se révèle également dans les chiffres : il a fallu 7 ans pour le réaliser, 125 œuvres ont servi de référence et plus de 63000 huiles sur toile ont été peintes.

La séance s'est conclue par de chaleureux applaudissements et un public debout, sans doute de quoi émouvoir un peu plus la réalisatrice !

-- Etbougekobe

A Silent Voice - 聲の形

De Naoko Yamada.

Au début de l'histoire, Shoya Ishida est un écolier normal, un peu casse-cou sur les bords et un (peu trop) sûr de lui. Lorsque Shoko Nishimiya, une fillette sourde, rejoint sa classe en cours d'année, Ishida et ses amis sont intrigués. La curiosité devient assez vite cruauté et Ishida harcèle Nishimiya jusqu'au point de rupture. Nishimiya quitte l'école, Ishida est désigné comme seul responsable et ses amis, qui étaient loin d'être des anges, l'abandonnent à son tour. De harceleur, Ishida devient harcelé.

Des années plus tard, Ishida est devenu un lycéen asocial et solitaire. Il n'a pas d'amis, pas de perspective d'avenir et tente même de se suicider du haut d'un pont après s'être brièvement excusé auprès de Nishimiya. Se reprenant, il prend le chemin de la rédemption et décide de tout faire pour améliorer la vie de Nishimiya et lui faire reprendre confiance en elle.

Un tel scénario aurait facilement pu devenir amoral et/ou cliché à l'extrême, mais ce n'est pas du tout le cas ici. Le handicap et la violence sont montrés sans condescendance ni enjolivures, ce qui est tout à l'honneur de la jeune réalisatrice. J'espère que ce long métrage marque le début d'une grande carrière !

Le film est visuellement très réussi et l'animation est impeccable, la musique est subtile et tout en retenue comme le récit. Un gros défaut cependant : le rythme est très irrégulier, parfois lent au point de marquer l'arrêt pour ensuite lancer une ellipse extra large. La grand-mère par exemple -- non, la grand-mère n'est pas une ellipse, mais son histoire est un peu, disons, elliptique. L'explication se trouve peut-être dans le fait qu'il s'agit d'une adaptation d'un manga assez long et il fallait donc réussir à résumer sans trahir une intrigue psychologiquement complexe.

-- Cèbe

Mutakufaz

De Guillaume Renard et Shojiro Nishimi.

Angelino a une drôle de tête, mais ce n'est rien à côté de son copain Vinz' qui a une tête de mort enflammée. Ils sont amis avec une chauve-souris sociopathe. Sinon, tout le monde est parfaitement normal à Dead Meat City. Enfin, normal si on compare la ville à celle de San Andreas dans Grand Theft Auto, par exemple. Autant dire qu'il ne fait pas bon vivre dans cette cité gangrenée par la violence et la corruption ! Angelino survit tant bien que mal de petits boulots jusqu'à son accident de scooter. A partir de ce moment là, il voit des ombres inquiétantes et il sent quelque chose d'étranger se développer en lui. Comme par hasard, des Men in Black commencent à le suivre dans la rue. Pendant ce temps, à Vera Cruz, des catcheurs mexicains s'apprêtent à sauver le monde...

Ne connaissant pas la BD, je suis entré de plein pied dans un univers très pulp, un peu science-fiction, définitivement très barré. Je ne sais pas pourquoi, j'ai senti des réminiscences de They Live (Invasion Los Angeles) dans le scénario. Et peu être un peu de Mars Attacks aussi. En tout cas, on ne s'ennuie pas pendant le visionnage et on ne pourra pas dire que l'animation est plan-plan :-) L'animation est assurée par le Studio 4°C, une pointure de l'animation japonaise. Le résultat est un OVNI filmique de grande classe, qui aura peut-être du mal à trouver son public dans les salles françaises. Même en 2017, il reste difficile de lancer un dessin animé pour adultes... Pas encore de date de sortie annoncée.

-- Cèbe

Les As de la Jungle

De David Alaux.

Bon, l'histoire est simple : Maurice est un pingouin élevé par une tigresse… il est naturellement devenu super doué en kung fu ! Sa mère, héroïne à ses heures, interdit à Maurice de suivre la même voie. Mais Maurice ne l'entend pas de cette oreille et avec ses amis, les As de la Jungle, il fait régner l'ordre et la justice. C'est sans compter sur Igor, le koala machiavélique, qui entend bien sûr faire régner le chaos pour le fun. Et aussi pour une sombre histoire de vengeance.

Je suis allé à reculons à cette séance, m'attendant à un ersatz des pingouins de Madagascar mais je suis sorti agréablement surpris et le sourire aux lèvres. Un film français qui assume pleinement son audience : les enfants, au risque de passer effectivement pour une machine Hollywoodienne. La bande son est très appuyée séries des 70s et 80s, et l'alchimie fonctionne bien ! Le film sort fin Juillet, et j'espère qu'il fera un carton.

-- Cèbe

CMC1 - Là où la main de l'homme n'a jamais mis le pied

Des mains qui se frôlent, qui se prennent, des doigts qui se coupent, des pieds qui se chaussent... cette première sélection nous donne à voir des films qui s'attardent sur ces membres, véritables miroirs des âmes (il n'y a pas que les yeux dans la vie !). Le florilège ne manque pas non plus de films "à message" ou "à dispositif", mais j'avoue ne pas encore savoir quoi en penser : pas vraiment dérangeant, pas vraiment engageant, pas vraiment nouveau...

Mon préféré : Wednesday with Goddard par Nicolas Ménard. Il s'agit d'une quête spirituelle, non moins. Et à la clé, pas de lourdeur ni de leçon, mais une pépite d'amusement dans un format carré combinant 2 styles graphiques (crayonné détaillé pour les paysages et style minimaliste pour les personnages). Captivant de bout en bout et je dirais même "génial" ! En prime, il est visible sur vimeo.

Ma mention spéciale : Ucieczka, the Escape par Jaroslaw Konopka. C'est le chaos et nous assistons au dernier souffle d'une famille. Enfin c'est ce que j'en ai conclu, car ce court est déterminé à nous perdre, tout comme les personnages peinent à raccrocher leurs repères. L'ambiance sonore est tendue, les cadres sont toujours en mouvement et les scènes se succèdent sans que nous sachions la chronologie. Peu importe, c'est le malaise et c'est réussi !

-- Etbougekobe

Zombillénium

De Arthur De Pins et Alexis Ducord.

Zombillénium est probablement le seul parc d'attraction au monde à employer de vrais monstres -- qui peuvent donc se montrer sous leur vrai jour sans crainte. Ces monstres sont syndiqués, ont la semaine de 60 heures et font la fête une fois par mois. Le parc est cependant menacé de fermeture à cause de résultats financiers décevants (et quand vous avez le diable pour PDG, vous savez qu'il ne va pas prendre de pincettes) et de la visite surprise d'un inspecteur du travail, Hector, qui met le nez là où il ne faut pas. Hector est "embauché", mais lui veut s'échapper pour retrouver sa petite fille.

Malgré tout, Hector devient bientôt un atout et le représentant de la classe "ouvrière" des zombies en conflit avec la classe "dirigeante" des vampires. Et oui, les monstres ne peuvent pas se sentir !

Voilà un film très second degré, un peu foutraque mais attachant pour toute la famille. En fait, et c'est un défaut courant dans les productions françaises, le film ne sait pas toujours sur quel pied danser : satire sociale décomplexée ou film pour enfants avec chansons à la clé. Pour la première partie, La Révolution des Crabes du même réalisateur n'est pas très loin, les zombies ayant remplacé les crustacés. Pour la deuxième, les scènes de concert sont sympathiques mais pas franchement indispensables, tout comme certains ressorts scénaristiques très prévisibles. Zombillénium reste un bon divertissement qui n'a pas à rougir face à la compétition, et j'espère qu'il aura du succès en salle !

-- Cèbe

Ethel and Ernest

De Roger Mainwood.

Raymond Briggs n'est pas très connu en France, mais c'est un illustrateur renommé en Grande Bretagne. L'adaptation animée de son chef d'oeuvre The Snowman passe tous les ans à Noël outre manche depuis 35 ans. Ethel and Ernest est également adapté d'une bande dessinée très personnelle car elle relate la vie des parents de Briggs depuis leur rencontre jusqu'à leur mort en 1971. Comme Briggs le dit lui-même en préambule, leur vie n'a pas été exceptionnelle mais les époques qu'ils ont traversé l'ont été.

Lorsque la Grande-Bretagne entre en guerre contre l'Allemagne, ils sont mariés, ont acheté une maison et ont déjà leur fils Raymond. Celui-ci doit être évacué de Londres à l'âge de 5 ans pour aller vivre avec des parents à Dorset, par ordre du gouvernement. Plus tard, une épreuve bien différente les attend : leur fils se laisse pousser les cheveux et devient étudiant en art -- cette partie a manifestement touché une corde sensible dans le public Annécien :-)

Le film reproduit fidèlement le trait, les couleurs et les textures d'un livre de Briggs: pour autant, il serait erroné de penser qu'il s'agit d'un film pour enfants.

Il s'agit surtout d'une histoire très intime d'anecdotes, de drames petits et grands mise en valeur par une réalisation classique mais impeccable. Le réalisateur nous confie d'ailleurs en début de séance que Briggs n'a accepté ce projet qu'en raison d'une confiance mutuelle et ancienne remontant à des collaborations / adaptations antérieures.

-- Cèbe

Âne & cie 2017, part II

Les séances événements promettent des ambiances survoltées dans la grande salle du théâtre Bonlieu : les As de la jungle, Moi moche et méchant 3, Cars 3... pour ne citer que les blockbusters. Le public aura le plaisir de les découvrir sans peine dans les grandes salles obscures, n’empêche, l’ambiance festive de ces rendez-vous vaut le déplacement !

En parcourant les programmes courts en compétition (pas de séance hors compétition cette année), nous découvrons de nouvelles catégories. En plus des sélections classiques numérotées de 1 à 5, de la sélection “Off-Limits” initiée par Marcel Jean, véritable cour de récréation de l’expérimental, des sélections “Jeune public” et “Perspectives” sont planifiées. Toutes deux sont récompensées par un prix à l’issue de la semaine. Côté “Perspectives”, une petite recherche permet de comprendre que ce prix est “destiné à soutenir de nouveaux auteurs, des films issus de cinématographies en émergence, des œuvres produites en collaboration ou proposant des perspectives singulières sur le monde actuel et l’état du cinéma d’animation”.

Il me tarde de découvrir les séances spéciales dont les thèmes sont dévoilés depuis longtemps : la Chine et l’érotisme. L’affiche, composée par Ugo Bienvenu et Kevin Manach - typographie de Christian Debbane, en est une belle évocation. Dans un camaïeu de bleu et de vert, donnant une touche exotique à notre cher lac et à nos chères montagnes, une jeune femme à l’allure chic de bord de plage tient une glace dégoulinante. L’été sera chaud !

Dans ces séances, également une nouveauté : des programmes “Midnight specials”, réservés à un public averti. De quoi raviver les souvenirs des festivaliers nostalgiques du programme “spicy” de fin de soirée.

J’espère tenir la cadence du festival pour profiter de toutes ces nouveautés !

-- Etbougekobe

Âne & cie 2017

La Chine est à l'honneur cette année : la thématique se retrouvera dans les génériques du festival, dans les programmes spéciaux et bien sûr dans la programmation officielle. Enfin sauf Have a Nice Day, qui a eu l'honneur d'être déprogrammé. Un peu trop grinçant pour les autorités sans doute...

On trouvera également une programmation autour de 100 ans d'animation au Japon, dont 9 longs métrages et une rétrospective. Et aussi le retour de l'animation "spicy" avec 3 programmes dédiés.

Exit les courts à Bonlieu à 18h ! J'aimais bien le créneau, étant donné que je n'ai pas pu prendre de congés ces dernières années... Je me rattraperai le week-end -- avec un peu de chance. Autre changement, le film d'ouverture est également en compétition, ce qui devrait réduire la pression pour la cérémonie d'ouverture. Reste à voir ce que Zombillénium a dans le cerveau, que l'on espère fort goûteux.

-- Cèbe